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Rêver - Imaginer
par Marianne Simond

Rêver

Existe-t’il comme le pensent certains un « rêve de base » pour chacun (1) qui « ne demande qu’à s’éveiller » ?
Nos rêves de la nuit, nos rêves de sommeil, même si ce sommeil est léger et diurne, sont-ils de même nature que les rêveries que nous pouvons faire tout(e) éveillé(e) (s) ? Il semble que, comme aussi les mots d’esprit, les œuvres d’art, la littérature, ou encore les constructions, les productions de l’imagination, ils puissent constituer ou constituent des chemins qui parlent d’un autre lieu de nous-mêmes, un lieu caché, ou lointain, un lieu ignoré parfois insondable, qui est ou peut paraître inatteignable. Ils sont ainsi une porte d’accès à l’inconscient. De ce dernier, d’autres peuvent chercher une ou des preuves matérielles, en trouveront même peut-être, dans l’avenir. Pourquoi ne pas nous contenter ici de le postuler, et de nous satisfaire des manifestations indirectes que nous en avons ?

Imaginer

Imaginer, produire des images, les faire s’enchaîner, dans une histoire qu’on invente à mesure, seul ou à plusieurs, imaginer des formes, et les dessiner, les colorier, leur faire représenter quelque chose, ou les laisser se déployer sans aucune figure repérable ou connue, ce sont actes qui s’apparentent au rêver… Les productions qui en découlent, fixes, ou fluides en mouvement, ou sans cohésion, chaotiques, sont encore de la même famille élargie.
 

Rêver - Imaginer

Raconter ses rêves, écrire, dessiner, cela peut se faire avec soi-même pour interlocuteur.
Cela peut s’inscrire dans une relation, avec ses proches, ou avec des inconnus.
 
La relation particulière qui se construit, se déroule et prend place dans le cabinet du (de la) psychologue, du (de la) psychanalyste (formé (e) au rêve-éveillé en psychanalyse (2)) instaure ce niveau tout spécial d’échange où dire ses rêves, rêver en séance (3), rêver en présence (4) prend place dans un espace et un temps, cadrés.
Cette relation-là se nourrit de l’imaginaire et en déploie toute la puissance créatrice, au service du sujet et de la recherche sur lui-même qu’il a décidé d’entreprendre, qu’il s’agisse pour ce sujet, d’une démarche vitale, dans une situation extrême, ou qu’il s’agisse d’un chemin plus serein, sans pour autant être moins engageant ni moins exigeant.
Ce déploiement résulte non seulement de la succession des rêves-éveillés (effectués dans une séance ou une partie de séance) mais aussi des temps où l’imaginaire prend sens, à la lumière des associations d’idées, d’images, et des échanges autour d’elles.

Notes bibliographiques

(1) Dufour R. (1978) Écouter le rêve. Paris, Robert Laffont
(2) GIREP - voir page « En pratique »
(3) Selon le mot de Nicole Fabre  par exemple in Au miroir des rêves Paris, Éd. Desclée de Brouwer, 2001.
(4) Selon le mot de Jean-Marie de Sinéty in Fenêtre sur cure   (Jean-Marie de Sinety et Dominique Péricard) – Éditions In Press 2017